Comment savoir si votre cheval est fatigué?

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Reconnaissez- vous cette sensation : celle où votre cheval passe derrière vos jambes alors que son rythme respiratoire augmente? Les chances pour que votre compagnon soit fatigué sont alors fortes! Sa capacité à continuer à réaliser l’exercice demandé est ainsi compromise, car le cheval dispose d’un mécanisme d’alerte pour éviter de se faire mal lors d’un « surmenage ». 

Toutefois, en tant qu’athlète, le cheval peut atteindre des performances tout à fait exceptionnelles en combattant la fatigue. Pendant un exercice de travail, le taux d’adrénaline du cheval est environ 10 fois supérieures à celui de l’être humain. Cette adrénaline dégagée masque sensiblement la douleur chez le cheval et lui permet de repousser ses limites dues à la fatigue. C’est pourquoi il est primordial de savoir reconnaître les signes de fatigue mais également de savoir comment retarder son apparition. Comme le dit Paul Farrington, vétérinaire de la FEI : » les cavaliers doivent avoir en tête les signes de fatigue excessive et s’arrêter à temps pour sauver leur cheval d’une blessure potentiellement grave.  »

Qu’est-ce que la fatigue?

La fatigue peut se manifester de différentes façons selon ce que nous demandons au cheval. Nous devons la  différencier de l’épuisement, lequel peut générer une incapacité totale du cheval de se déplacer. En général, plus un cheval travaille, plus tôt il sera fatigué. Par exemple, les chevaux à la fin d’une course de plat qui dure moins d’une minute seront fatigués, tout comme les chevaux d’endurance  le seront à la fin d’une course de 160 km. Mais les causes sous-jacentes seront très différentes.

Limitation des dommages

Si un cheval peine à  maintenir un exercice demandé, un mécanisme d’alerte sera déclenché et le cheval va commencer à se fatiguer. La fatigue ne peut pas être nulle ou totale- la fatigue progresse et augmente tout au long d’une séance. Il est important que le cavalier comprenne cela car continuer à demander des exercices sur un cheval fatigué augmentera le risque de blessure. En effet, un cheval fatigué est plus susceptible de trébucher et de souffrir de dommages aux tendons, tandis qu’un cheval qui a été poussé au-delà du point de fatigue dans l’entraînement ou la compétition courre le risque de développer d’autres symptômes graves, comme les coliques, la laminite ou la fièvre d’épuisement.

Quelles sont les causes de la fatigue?

La fatigue peut se produire soit dans le cerveau, soit dans le système nerveux périphérique, ou plus communément dans les muscles eux-mêmes. Dans ce dernier cas, le cerveau envoie les signaux  pour changer la donne, mais les muscles ne peuvent pas s’y résoudre. Il est important de se rappeler que, ainsi que la locomotion, les muscles, d’autres muscles sont également importants pour l’exercice. La fatigue des muscles des voies aériennes supérieures, par exemple, peut également réduire la capacité de travail.

Les causes de  la fatigue musculaire ne sont pas encore entièrement comprises, mais elles les plus connues sont   l’épuisement des réserves d’énergie, l’accumulation de produits métaboliques tels que l’acide lactique et la défaillance des machines contractiles (qui peut être le résultat d’un déséquilibre de calcium). La perte d’électrolytes par des perturbations de l’environnement interne des cellules musculaires est également considéré comme un facteur contributif à la fatigue musculaire. 

Quand le cerveau prend le dessus

La fatigue dite « centrale » est différente. Les muscles peuvent avoir la capacité d’exercer mais le cerveau passe outre, l’ignore et commence à ralentir son rythme. La fatigue centrale peut être due à différents facteurs, tels qu’un taux de sucre élevé dans le sang, les hormones dans le sang et la douleur. Des sensations d’essoufflement peuvent également déclencher la fatigue centrale. Les chevaux présentant une obstruction des voies aériennes supérieures ou un problème des voies respiratoires inférieures, comme l’obstruction récurrente des voies aériennes, peuvent également être plus sensibles.

Pensez fitness!

Beaucoup de facteurs différents influencent la rapidité d’un cheval fatigué. Il s’agit notamment de l’allure,  de la durée de l’exercice, du terrain, de la capacité athlétique, de l’âge, de la condition physique et de la santé globale, ainsi que des conditions environnementales telles que la chaleur et l’humidité. Parmi ces facteurs, celui que nous pouvons le plus fortement influencer est le fitness. Comme nous, nous devons former nos chevaux et les rendre plus athlétiques, ainsi ils deviennent moins sujets à la fatigue. Elle arrivera encore, mais le cheval sera en mesure de travailler plus longtemps sans se fatiguer.

Alors, comment pouvons-nous réduire les risques de fatigue précoce?

Mis à part le travail de remise en forme, il convient par la suite d’entretenir la condition physique. La préparation du cheval est donc très importante. Cela implique un temps d’échauffement incorporant des mouvements similaires à une intensité similaire à ceux qui seront effectués en compétition. Par exemple, le warm-up d’un cheval de CSO doit inclure un travail sur des cavalettis mais aussi sur des obstacles à la hauteur de ceux qu’il doit sauter en compétition. Un cheval de complet a besoin à la fois d’un entrainement de fond (il doit être rapide et endurant) mais aussi de saut. Trop ou trop peu, la préparation pourrait compromettre la santé de votre cheval. En compétition il faut essayer de terminer la détente 5 à 10 minutes avant de concourir.

 

Les signes à surveiller

La fatigue peut se manifester de diverse façon selon la discipline, mais les signes à surveiller sont les suivants:

➤ Ralentissement du rythme

➤ Réduction de la réactivité aux aides

➤ Réticence ou une incapacité à augmenter la vitesse ou à changer l’allure

➤ Perte de motivation

➤ Réduction de la coordination (par exemple, trébuchement / perte d’équilibre / errance)

➤ Augmentation du mouvement de la tête et du cou

➤ Augmentation de l’effort respiratoire

➤  Négligence des obstacles